C'est au thérapeute de s'adapter au patient, et non l'inverse."
Milton Erickson
Il y a des conversations dans les hôpitaux qui commencent comme ça:
"- Bonjour, bien dormi m'sieur Guill'min, je vous réveille?
- Oui..
- Et la douleur?
- euh... LA douleur? Laquelle?
- Sur une échelle de 0 à 10 vous avez mal à combien?
- ...zéro...?
- Je prends votre température et vous allez vous peser."
La première fois, on ne prête pas attention. Mais tous les matins au réveil depuis mon arrivée, la même question, la même réponse (tant mieux pour moi!), mais surtout cette sensation bizarre que cette question d'abord m'agresse, et puis sonne creux. Et maintenant ça me revient, dans la brochure d'accueil... le centre participe au CLUD, Comité de LUtte contre la Douleur, et a un "contrat d'engagement":
"Dans cet établissement, nous nous engageons à prendre en charge (en gras dans le texte) votre douleur".
Ils sont donc obligés de poser la question, et le cas échéant, de "prendre en charge".
Mais il y a aussi des conversations dans les maternités qui commençent comme ça:
"- Bonjour, bien dormi, m'dame Guill'min?
- Oui...
- Vous avez mal quelque part?
- Globalement ça va...
- Sinon, il faut le dire.
- euh... ben oui, maintenant que vous en parlez, je sens une pesanteur sur le périnée qui devient douloureuse à la marche...
- Ah mais écoutez, madame, l'accouchement n'est pas une maladie, vous n'êtes plus une petite fille désormais, vous êtes une maman, il faut aller de l'avant et...- long monologue fraîchement ruminé de l'école de Sage-femme-... vous comprenez?"
Bien sûr qu'on comprend, mais alors POURQUOI TU DEMANDES?
Il y a aussi cette infirmière qui a fait une formation "Importance du Contact, Bienfaits du Toucher", qui a viré intégriste et qui veut à tout prix toucher le patient pour le "rassurer", l'aider, établir la confiance... Sauf qu'elle se retrouve parfois confrontée à des réactions très négatives, voire agressives et ne comprend pas pourquoi!
Ou Belle-maman qui vient voir son mari à l'hôpital, où elle a enfin réussi à le faire admettre (en campant aux urgences plusieurs heures, car il n'y a pas de place dans les services qui traitent ses problèmes), car à la maison, il ne s'alimentait ni ne buvait plus. Elle tente de dire à quelqu'un qu'elle est inquiète car son état se dégrade encore depuis qu'il est à l'hôpital et là ce quelqu'un lui reproche qu'il est arrivé "bien déshydraté!"... SANS BLAGUE !
Envie de trop bien faire, trop rien envie de faire, manque de tact, trop de contact, manque d'information, trop de formation, écoute forcée, forcé d'écouter... c'est compliqué et subtil de soigner !
Il manquerait plus que çà! Que je parle à mes cons de patients...
RépondreSupprimerUne petite rectification.
RépondreSupprimerMaman amène papa pour ses séance de radiothérapie et chimio en demandant à le faire hospitaliser. Aucun service ne veut de lui (pas de place)et on lui conseille de passer par la case urgences. Il finit au bout de plusieurs heures par être accepté en nephro. On lui fait comprendre qu'il va bien (mais bien sûr, c'est normal de ne plus manger, plus boire, plus marcher?). Pendant 5 jours on la culpabilise de l'avoir amené pour rien. Puis au bout de 5 jours, ma mère va voir l'équipe en leur disant "mais il ne va pas bien du tout mon mari là, vous n'allez pas le laisser mourir de soif quand même?" Et hop, 1 heure plus tard il est sous perf, a avalé sans se faire prier 2 pots d'eau gélifiée qu'il déteste. Maintenant on reproche à ma mère de l'avoir amené dans un état de déshydratation avancé. SANS BLAGUE!!!