Une mienne amie, éminente immunologue, ou globulologue pour les intimes, a eu le courage de m'écrire ceci:
"je te remercie de me faire vivre cette greffe par l'autre côté de la blouse stérile. Je dois avouer qu'il est certains jours difficile de trouver le bon équilibre entre le raisonnement scientifique et la rencontre humaine, avec les sages (patients) que je cotoie au quotidien. Et cette rencontre ne peut se réussir qu'avec beaucoup de temps et de disponibilité ... ce qui n'est pas toujours chose facile avec le bip qui sonne, déjà une heure de retard pour la consultation, et le cours aux externes que j'avais un peu zappé. L'important c'est de pouvoir progresser non ?
Rater, rater encore, rater mieux, c'est la voie de la réussite. Je sais que tu ne seras pas surpris qu'un médecin puisse parler de rater, on est pas des dieux bordel !"
L'autre côté de la blouse stérile...
Passionnante expérience, effectivement, pour un thérapeute, que d'être malade.
Si elle n'est pas "souhaitable", elle est nécessaire, c'est pourquoi je suis ravi que d'autres thérapeutes puissent profiter, partager ce point de vue renversé.
De nombreux "guérisseurs blessés" ont eu cette démarche qui transcende la blessure pour nourrir le guérisseur. Certains ont laissé des témoignages majeurs, inventé des thérapies puissantes et il est bon de s'y intéresser: Erickson, Gerda Alexander, Feldenkrais, plus près de nous quelqu'un comme André Petit, et tant d'autres...
Heureusement qu'ils ont laissé des traces de ce qu'ils ont vécu et découvert, car s'il fallait réellement passer par une polio, un traumatisme médullaire et se faire broyer les genoux (et j'en passe) avant de comprendre comment soigner les autres...
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