lundi 9 août 2010

La Cour des Miracles

Sur le parvis de l'hôpital
Masques, plâtres, mégots, fauteuils, familles,
Quelques gros rats qui se disputent,
Des miettes de sandwich aux pigeons,
Une blouse qui ferme mal,
Perfusions sur potence en jeu de quille,
Gibiers du destin qui ampute,
Hélicos passant tels des frelons.

Un patient dans son lit
Sorti malgré la pluie
Dépasse de l'abri...

Sur le parvis de l'hôpital
Ambiance de gare, de guerre, de gore.
Vivants qui passent ou qui trépassent
Se croisent là sans se regarder.
Le caleçon, la peau trop pâle,
Blessures de la vie quand elle mord,
Larmes et silences fadasses
Que d'ordinaire on n'ose montrer.

Trachéotomisé,
Rauque, sale, épuisé,
Descendu pour fumer...

Sur le parvis de l'hôpital
Le ciel, le vent, les oiseaux, les enfants,
Et de jeunes arbres qui saluent
Les femmes en jupe et en visite.
Premier palier après le mal,
C'est là que la vie reprend doucement
Assemblée improbable et crue
Pleine de faiblesse et de mérite.

Trois gamins sautillants
A l'oeil impudique, insouciant,
Me dévisagent un moment...

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