Hier soir vers minuit on m'a changé de chambre. Comme ça, pas le temps de prendre mes affaires.
J'ai traversé quelques couloirs (sans masque ?!) pour atteindre une chambre bien plus vaste, certes, mais partagée par trois autres personnes!!!
J'étais un peu rassuré de trouver là mon ami Gildas et les deux fils de mes voisins.
Mais quand une quatrième personne est arrivée, une femme agitée, bavarde et négligente, j'ai trouvé que ça faisait vraiment beaucoup, et commençais à être un peu inquiet.
Puis quand j'ai vu que des affaires sales traînaient ça et là, qu'aucun de nous n'avait de masque, j'ai été saisi d'angoisse et suis sorti pour chercher une infirmière... je me suis retrouvé dehors, il faisait très chaud et il y avait beaucoup de monde sur le parvis, en plein jour alors qu'il était plus de minuit...je cherche à rentrer dans l'hôpital et m'en éloigne, fais demi-tour, je cours, impression de pollution chaude et poussiéreuse qui remplit mes poumons trop fragiles, début d'asthme...je mets alors n'importe comment mon t-shirt devant ma bouche et essaie d'arrêter les voitures en suffoquant...plusieurs accélèrent manquant de m'écraser et celle qui s'arrête est déjà pleine d'enfants à l'arrière morveux et sales comme on peut l'être l'été lorsqu'il fait décidément trop chaud je pousse le siège auto et rentre sans leur laisser le choix ne me touche pas toi ils me ramènent à l'hôpital où bien sûr on me cherchait partout je me fais engueuler il ne faut pas aller dehors monsieur Guill'min...
Et là, je remercie mon subconscient, qui me permet, lorsque je me réveille, de me sentir au meilleur endroit possible, en sécurité, dans l'isolement stérile de la chambre 5 de l'étage 5 unité C.
Il me rappelle et me confirme que c'est ici que je dois être maintenant.
Et lorsque je rêverais d'une chambre aux murs qui se resserrent sur moi jusqu'à ce que mes pieds dépassent par la grille d'aération, je suis sûr que ce jour là l'hématologue me dira qu'on recommence à trouver des globules blancs dans mon sang.
J'ai bien failli m'évanouir au premier paragraphe, tu aurais vu ma tronche (!) se décomposer. j'ai recomposé dare-dare, ma tronche, mais j'ai rien pu changer au passage mine de rien, bon, faut prendre eu'c'qu'y a pour la tronche. J'explose de joie de te savoir bien à l'abri, grand fou va !
RépondreSupprimertamarie