vendredi 30 juillet 2010

L'Amphore

Je le vois comme en songe remontant l'amphore
A travers l'eau limpide à gestes lents et forts.
Inutile olympiade si l'on vise l'or,
Mais glorieux prodige qui vaut tous les efforts
A celui qui, sensible à l'âme des objets,
Sait qu'une fois sorti, il faudra replonger
Reposer ce vestige dans son précieux sommeil
Parmi les poissons Lune et les coraux vermeils.
Il y a qu'en traversant du fond vers la surface
Chargé de ce banal mais fabuleux trésor
Ce sont bien trente siècles remontés à la brasse,
Millénaires engloutis en boîte de Pandore.
L'Amphore retrouve l'air, la mémoire lui revient...
Libérant à nouveau ses antiques effluves
Sur le pont du bateau, l'eau pour le pédiluve,
L'huile pour le repas et, mélangé au vin,
On entend émerger le chant d'âmes antiques
Que l'attente et le vin une dernière fois enivre:
Qui nous invitent en vain, nous pressant de les suivre
Afin d'être moins seules dans leur gîte aquatique.
A défaut de pouvoir entrer dans cette Amphore,
Nous la rendons à l'eau, au temps qui décolore.
Mais qui sait? Dans mille ans, elle sortira encore
Et chantera nos chants mêlés à ceux des morts.


Les cartes postales virtuelles que je reçois par téléphone, mail ou pensée, me font voyager sans quitter ma bulle protectrice. Merci Thomas pour cette plongée racontée sur mon répondeur...

Le Chant des Ames:

Et pour continuer sous l'eau, cette magnifique vidéo

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